Lolita et les apériculs

Elle est Lo le matin, Lo tout court, Lo qui ne boit pas trop d’eau. Lolita, lumière de ma vie, soirées au Pastis, et mal de crâne le lendemain matin. Lolita, un poème à elle toute seule, et concours de rot avec ses copines en regardant « A la recherche de la nouvelle star ». Nabokov aurait-il aimé ? Trop vieille. Déjà 22 ans. Le prénom ne fait pas l’âge, tout comme l’habit de fait pas le moine. Et puis enfin, parce qu’il faut être complet, Lolita et ses fameux apériculs…

« Un petit cul, un gros cul, c’est l’heure de l’apéricul ! » claironne-t-elle. « Tu sais que tu es bourrée d’humour ? » lui ai-je demandé. Elle glousse à l’autre bout du fil : « Aller, viens ! finit-elle par insister, il y aura Pauline ! ».

Sans doute vous demandez-vous qui est Pauline. Et bien moi aussi. Pas de souvenir de Pauline.

— Mais si, rappelles toi, tu l’avais mise au défi de pisser debout !
— Ah oui…! Mais non. Ca ne me dit rien…

Encore quelque chose dont je ne me rappelle pas.

—Et elle l’a fait ?
—De quoi ?
—Pisser debout.
— Si tu viens, je pense que tu pourras obtenir qu’elle le fasse ! Peut-être même davantage… Elle t’aime bien. Sincèrement. Je ne sais pas ce qu’elle te trouve… Mais apparemment tu l’as faite rire.
—Tu ne vois donc pas ce qu’elle peut me trouver ? T’as pas une petite idée… Même toi ?

Rire pour toute réponse. Bien sûr qu’elle le sait ! Lolita trop libre, Lolita comme l’air, Lolita qu’on n’enferme pas dans un ballon de baudruche.

Me voilà donc avec Lolita, qui comme à son habitude cherche à caser Machin avec Machine, décoller Truc afin qu’il aille avec Bidule, cette pauvre Bidule que Truc trompe.

Ensuite, vint le meilleur de cet entretien téléphonique.

— Tu as ta chance avec Pauline, finit-elle par me dire. Si tu viens, tu peux passer la nuit avec elle…

Lolita se donne du mal afin que je comprenne que le sexe et tout le reste est une immense plaisanterie, qu’il faut s’amuser. Je suis à mille kilomètre d’avoir cet avis, mais, elle consacre beaucoup d’énergie à me rallier à son droit chemin. Lolita ne fait pas dans la demi-mesure.

— Oui, mais moi Pauline, je ne crois pas avoir d’intérêt particulier pour elle… dis-je.
— Oh rassure toi, elle vient de se faire larguer, elle cherche juste de quoi passer du bon temps maintenant qu’elle a retrouvé sa liberté !

Je ne donnerai pas mon avis sur cette prétendue liberté. Serait-on prisonnier lorsque l’on est avec une personne ? Un mec serait donc pour cette Pauline tel un maton ? Nous livrera-t-elle prochainement son itération de « L’Archipel du Goulag » ?

Ne posons pas trop de question, Lolita est une amie, une fille absolument charmante, faisons fis de ces petits différents de point de vue.

— Elle ressemble à quoi ? je m’entends demander.
— Elle est mignonne. Elle a un joli petit cul !
— Tu l’as touché ?
— Non, mais tous les mecs disent qu’elle sait bien s’en servir !

Voici présentée Lolita. Lolita, l’inventeuse de l’apéricul. Où Lolita invite à prendre l’apéro chez elle, en arrangeant — par derrière — des plans culs entre ses invités. L’apéricul, une méthode. Un concept. L’amour sans contrainte. Sans lendemain.

première publication 7 juin 2003

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